Je n'aime pas les skyblogs.

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D'ailleurs, je vous conseille plutôt www.dessin-volture.com.

# Online seit Freitag, 27. Juli, 2007 um 15:21

Geändert am Montag, 06. August, 2007 um 12:54

Prologue.


Souvenez-vous.

Rappellez-vous de ce gamin. Celui aux baskets Power Rangeurs. Celui aux chaussettes Spider-Man, au T-Shirt Pokémon et au pull Super Mario. Rappellez vous de ce gamin qui jouait aux cartes Dragon Ball sous le préau. Qui échangait ses vignettes Star Wars près de la table de ping-pong. Qui vous battait aux billes derrière le tobogan. Rappellez vous de ce gamin de qui vous vous moquiez, parfois.

Enchanté.

Rappellez vous de ce gamin qui se cachait sous les lits lorsqu'à la maternelle vous deviez faire la sieste. Qui fonçait dans les murs avec son tricycle. Et qui parfois même vous rentrait dedans. Rappellez vous de ce gamin qui vous pressait de regarder votre age dans les verres de la cantine. Rappellez vous de ce gamin de qui vous vous moquiez, parfois.

Enchanté.

Rappellez vous de ce gamin qui allait chercher vos ballons dans le bureau du directeur. De ce gamin qu'en reconnaissance vous aviez nommés chef de votre bande. Et de celui qui le suivait invariablement, la morve au nez. Rappellez vous de ce gamin de qui vous vous moquiez, parfois.

Enchanté.

Rappellez vous de ce petit garçon avec qui vous alliez au catéschisme. Celui avec qui vous partagiez la voiture du prêtre lorsque vous vous rendiez au presbytère, et avec qui vous jouiez au football avant d'aller le dimanche à la messe. Avec qui vous y chantiez faux et mangiez vos têtes brulées, en donnant l'argent de la quête à l'un de vos amis enfant de coeur qui, vous le saviez, irait s'acheter un blister de cartes Pokémon avec. Rappellez vous de ce petit garçon avec qui vous mentiez dans le confessional, Rappellez vous de ce petit garçon de qui vous vous moquiez, parfois.

Enchanté.

Rappellez vous de ce petit garçon avec qui vous alliez à l'école publique. De ce petit garçon qui mangeait sa colle. Celui que vous trouviez dégueulasse. De celui qui mangeait des verres-de-terre. Que vous trouviez pire encore. Rappellez vous de ce petit garçon qui vous avait invité un jour chez lui, et qui vous avait montré les calendriers érotiques de son oncle. De celui qui était devenu votre ami ce jour là. Rappellez vous de ce petit garçon qui récupérait vos pogs confisqués dans le bureau de la maîtresse. Et de celui à qui vous voliez souvent ses cartes Dragon Ball. Rappellez vous de ce petit garçon de qui vous vous moquiez, parfois.

Enchanté.

Rappellez vous de ce gosse avec qui vous aviez été de corvée de vaisselle trois jours durant lors de votre retraite de communion. Avec qui vous vous échappiez dans les bois alors que les curés vous criaient dessus. Ce gosse qui était tombé amoureux de la petite fille d'un ancien président et qui pour la suivre s'était engagé par erreur dans un groupe de prière. Rappellez vous de ce gosse qui avait mis le feu aux cheveux de la fille qui défilait devant vous le jour de votre communion. Rappellez vous de ce gosse de qui vous vous moquiez, parfois.

Enchanté.

Rappellez vous de ces mioches qui vous avaient abandonnés à vos cartes à jouer pour aller bruler quelques fourmies dans un bac à sable. Et de celui qui était resté avec vous. De ce mioche avec qui vous aviez construit votre première cabanne dans une de ces maisons troglodytes qui bordaient le Loir. Celui avec qui vous parcouriez les bois et avec qui vous aviez rebaptisés le moindre recoin de ce qui était devenu votre territoire. De l'endroit ou vous aviez fait fuir un chat-huant jusqu'au chemin où un loup se dessinait dans un rocher. Ce mioche avec qui vous aviez dévalisés une vieille maison abandonnés. Rappellez vous comme un rien vous emerveillait. Du tas d'ordures agonisant que vous imaginiez appartenir à un clochard en fuite. De toutes ces caves abandonnées que vous pouviez passer des heures à parcourir. Du trou que vous aviez creusés dans un mur de l'une d'elle, et de votre joie lorsque vous aviez rétablis le courant en bricolant un peu.

Rappellez vous lorsque vous vous allongiez dans l'herbe, au bord du Loir. Près du ponton. Les pieds dans l'eau. Lorsque vous parliez de votre journée. De vos cours, du dernier manga que vous aviez lus, du film qui passait ce soir-là à la télé, et de Manon, de qui vous êtiez tous deux amoureux. Lorsque vous vous moquiez des passants. Lorsque l'un deux avait fini par lui courir après jusque sur le terrain voisin.

Rappellez vous de ces vacances où vous alliez à la piscine avec vos amis. Vous detestiez ça. Eux aussi. Mais vous êtiez ensemble. Rappellez vous de la fois où Audrey s'était ouverte le crâne sur le plongeoir. De la fois où elle avait perdu son maillot, aussi. Rappellez vous lorsque vous vous amusiez à embrasser Valérie à tour de rôle. Vous le faisiez sous l'eau. Et celà ne comptait pas, puisque vous êtiez sous l'eau. Pensiez-vous. Elle ne pensait peut-être pas la même chose. Elle vous aimait peut-être plus que vous ne le pensiez.

Rappellez vous d'elle. De votre première amie. De cette fille chez qui vous alliez boire un lait fraise en rentrant de l'école. Avec qui vous jouiez à la Super Nintendo. Vous la battiez à The Legend of Zelda. Elle vous battait à Yoshi's Island. Puis vous regardiez les Minikeums à la télévision. Vous restiez des heures à revasser. À parler. À rire. Vous l'aimiez bien. Vous vous seriez bien vu passer votre vie avec elle. Souvenez-vous.

Rappellez vous de ces trousse-pets que vous connaissiez depuis plus de dix ans. De vos jeux stupides. Des cigarettes artisanales que vous fabriquiez avec du gazon. De vos courses de scooter. De vos sorties en ville. De ces soirées passées devant la télé. Un match de catch. Un animé. Un jeu vidéo. Du rock californien que vous écoutiez sur votre poste. Du skateboard qui trainait sous votre lit. Sur lequel vous n'êtiez jamais arrivé à monter. De vos carnets de correspondance bondés de mots. Des filles que vous regardiez tous du coin de l'oeil. Mais aucun d'entre vous ne l'aurait avoué.

Rappellez vous de ce merdeux qui s'était fait prendre avec une revue pornographique derrière la salle de technologie. Rappellez vous de ce binoclard qui jouait avec sa calculette en cours de mathématiques. Rappellez vous de celui d'entre vous qui avait réussi à jouer de la guitare en premier. Rappellez vous de ce grand con qui se laissait lecher les aisselles par son chat. Rappellez vous de ce gros-lard avec qui vous jouiez à la playstation en vous empiffrant de pains au chocolat. Rappellez vous de votre meilleur ami.

Je me souviens d'eux.

Rappellez-vous de ce gamin. De ce gamin aux baskets Power Rangers.

Enchanté.

La suite sur www.dessin-volture.com, bientôt.

# Online seit Freitag, 27. Juli, 2007 um 16:00

Geändert am Montag, 06. August, 2007 um 09:11

Un.

Allongé sur son lit, Etienne feuillète un catalogue de la Redoute. Moins cher qu'une vraie revue pornographique. Et bien plus long à lire.

Assis par terre, Tom et Romain se livrent un duel sans merci à Street Fighter II. Et comme d'habitude, Chun-Li fait mordre la poussière à Honda. Hyakuretsukyaku. Senenshu. Yatta ! Tout est dit.

Un bruit, au dehors. Ce sont Quentin et Arnaud qui arrivent en scooter.

Un après-midi dans la chambre d'Etienne. Sous un poster de Naru, Kaora et Shinobu en petite tenue. À écouter le dernier album de Sum 41. De Blink 182. Des Red Hot Chili Peppers. À ressortir les vieilles consoles qui trainent sous le lit de son frêre. À amasser des anneaux et récuperer des émeraudes. À défaire un syndicat du crime à l'aide de battes de base-ball, de barres à mine et de poivrières. À perdre à pierre-papier-ciseaux face à des commercants peu scrupuleux.

- Au fait Etienne, je vais te prendre quelques Love Hina, et ta collection de One Piece.
- D'accord. Ah, Tom, tu a reçu le dernier Bleach ?
- Non, mais j'ai le Naruto.
- Je l'ai déjà lu.
- Ah, tu voulais pas les histoires courtes d'Akira Toryama et le premier volume d'Akira ?
- Si, et d'ailleurs j'ai un bouquin qui devrait te plaire, Sand Land.
- Je sais bien, c'est le mien.

Un après-midi dans la chambre d'Etienne. Sous un poster de Faye, Jet, Ed et de Spike devant son Sword Fish II. À écouter le dernier album de Sum 41. De Daft Punk. De Linkin Park. À ressortir les vieux films qui trainent sous le lit de son frêre. À regarder des cannibales manger un pain de soleil. Un androïde remonter le temps pour tenter d'éliminer un adolescent. Un autre adolescent remonter le temps jusqu'en 1955 à bord d'une Delorean.

Allongé sur son lit, Etienne dévore le premier volume de Step Up. Moins cher qu'une vraie revue pornographique. Et bien plus facile à cacher à ses parents.

Assis par terre, Tom et Romain se livrent un duel sans merci à Dragon Ball Z Hyper Dimension. Et comme d'habitude, Piccolo fait mordre la poussière à Freezer. Kakusanyudokodan. Gekiretsukodan. Makankosappo ! Tout est dit.

Un bruit, au dehors. Ce sont les parents d'Etienne qui rentrent en voiture.

Les livres, les cassettes et les consoles reprennent leur place sous le lit de son frêre.
Et nous prenons le chemin de la sortie.

Il est 18.30. L'heure du couvre-feu dans ma petite maison crasseuse des Roches l'Evêque.

* * *

Une bouteille de vin rouge posée entre le paté de campagne et le Télé-Loisir. Un autocuiseur à l'interieur duquel bout un boeuf bourguignon. Le journal télévisé de TF1. Une vieille table en bois. Et sur celle-ci, cinq assiettes mal lavées. Son odeur entêtante de poussière, de suie et d'alcool. Et dans sa main gauche, un verre de vin rouge.

Il parle. Encore et encore. Pourtant jamais on n'aurait cru entendre un silence si pesant. Elle n'ose pas lui répondre. Il sourit presque naïvement. Alors que le journal de Patrick Poivre d'Arvor laisse place à la météo d'Evelyne Dhéliat, son verre de vin rouge laisse place à un autre. Et il parle. Et il parle.

Le repas se termine dans cette petite maison crasseuse des Roches l'Evêque. Un chien tente d'éviter les coups du maître de maison. Une femme soumise débarasse la table sans un mot. Et trois gosses s'affairent à la vaisselle pour rejoindre leur chambre le plus vite possible. Et il parle. Il se ressert un verre, et il parle.

Et je monte dans ma chambre. Le son de sa voix d'ouvrier alcoolique s'affaiblit au fur et à mesure que je monte les marches. Bientôt je ne l'entendrais plus, ce type que je n'aime pas vraiment.

Mon beau-père.

Je monte me coucher.

Sors un manga de mon sac-à-dos. Ce soir, ce sera Kajika.

# Online seit Montag, 06. August, 2007 um 12:52

Es-ce bien moi ?

Es-ce bien moi ?
Le lien vers le site en question.

# Online seit Montag, 06. August, 2007 um 17:38

Geändert am Montag, 13. August, 2007 um 11:07

Mamie Franz.

Ma mère avait un véritable don pour donner à chacune de nos voisines un surnom que nous êtions certain de ne pas oublier. Ainsi, elle avait attribué à notre voisine du dessous, qui n'était jamais rentrée à Istanbul au terme de son voyage en France, le quolibet de "Madame la Turque", à la femme qui habitait en face de celle-ci celle-ci, qui abritait chez elle six ou sept chats, peut-être pour se sentir moins seule, celui de "Madame aux chats", et à une autre de nos voisines, grand-mère du jeune Franz avec qui ma cousine aimait aller jouer dans les buissons, celui de "Mamie Franz".

Je n'aimais pas vraiment Mamie Franz. Ni elle, ni son mari aux faux airs de Woody Allen qui ne se séparait jamais de sa bouteille à oxygène et des tuyaux qui le lui apportait dans le nez, ni son énorme labrador noir, et encore moins son petit fils Franz qui ne me laissait jamais jouer à sa Playstation, ni ses innombrables piafs qui auraient ridiculisés le colombier des Roches l'évêque tant ils étaient bien plus bruyants et malodorants.

Pourtant, lorsque ma mère partait travailler chez d'autres vieux qui ne souhaitaient pas voir leur maison devenir aussi crasseuse que celle dans laquelle elle me laissait, c'est avec Mamie Franz que je devais passer la journée. Avec elle, son mari, son gros labrador et ses piafs.

La maison de Mamie Franz était peut-être bien la maison la plus sale qu'il ne m'avais jamais été donné l'occasion de voir. Il était courant que l'on ne s'apperçoive pas d'une flaque de pisse du labrador s'étalant dans le couloir, jusqu'à ce que l'on glisse dessus, tant l'odeur que dégageaient les piafs était forte. Chacun des murs du salon avait depuis fort longtemps renoncé à porter sa propre couleur au profit d'un amas de poussière et de fines plumes qui s'accumulait là depuis bien des années déjà.

Bien pire que le silence habituel d'une maison de vieux, la journée était rythmée par les reniflements de Papi Franz, les grésillements d'une vieille radio qui rendait incompréhensibles les explications déjà fort obscures d'un animateur à la voix terne et morne, et l'insupportable caquétement initerrompu de ses horribles piafs.

Et je comptais les secondes. Rien, rien dans cette maison ne m'aurais permis de passer le temps autrement qu'en fermant les yeux et imaginant être ailleurs. Le chien presque aussi sénile que ses maîtres hésitait souvent à me mordre ou à me pisser dessus lorsque je m'aventurais à le carresser. Les seuls livres de la maison, qui s'entassaient sur un vieux buffet entre un paquet de graines et une mangeoire, et prenaient la poussière jours en jours, étaient de simples notices pour la radio, le four à micro-ondes ou encore la Playstation de Franz. La Playstation à laquelle je n'avais pas le droit de jouer. Et c'était bien là ma plus grande frustration lorsque je devais passer ces trop longues journées dans ce F3 des HLM de Montoire-sur-le-Loir.

- Tu aimes bien les jeux vidéos toi aussi ?

Mamie Franz venait de poser la question la plus interessante que je n'avais jamais entendu dans cet appartement depuis que ma mère avait décidé de m'abandonner de temps à autres.

- Attends un petit peu, je dois en avoir un quelque part par-là.

Et Mamie Franz se mit à chercher, dans ce gros meuble sur lequel étaient posées une demi-douzaine de cages. Parmis de vieux emballages qu'elle semblait collectionner pour je ne sais quelle raison, un nombre incalculable de bons de réduction qu'elle accumulait depuis tant d'année que nombre d'entre eux devait déjà être expirés, et les Télé Z des deux dernières années qu'elle gardait, disait-elle, pour les mots croisés. Je la suspectait de ne même pas savoir lire.

Et Mamie Franz cherchait.

Et Mamie Franz trouva. Trois heures plus tard. Trois heures qui ne me parurent pas si longues, jusqu'à ce que Mamie Franz exhibe fièrement le fruit de ses recherches. Un Game & Watch.

Qui faisait bien pâle figure face à la Playstation de Franz.

Je n'aimais pas vraiment Mamie Franz.

Pourtant, lorsque ma mère partait travailler chez d'autres vieux qui ne souhaitaient pas voir leur maison devenir aussi crasseuse que celle dans laquelle elle me laissait, c'est avec Mamie Franz que je devais passer la journée. Avec elle, son mari, son gros labrador et ses piafs.

# Online seit Mittwoch, 08. August, 2007 um 17:35